Aurélie Valognes et Sophie Tal Men : les belles-soeurs devenues stars des librairies

Elles affolent le marché, talonnent Marc Levy et autres Guillaume Musso dans les listes des best-sellers, et chacun de leurs nouveaux romans est attendu par des centaines de milliers de fans, sous le charme. Aurélie Valognes et Sophie Tal Men, belles soeurs dans la vie, pourraient être les héroïnes d’un de leurs romans. Écrire était le petit secret de l’ex-directrice marketing et de la neurologue qui, un jour, se sont décidées à mettre en ligne les histoires qu’elles avaient en tête. Bingo ! Les compteurs explosent et les lecteurs fondent pour ces fictions hyper-réalistes, dans lesquelles tout le monde se reconnaît, nappées d’un zeste de bonnes ondes ! Bref, de la littérature qui fait du bien. Repérées chacune par une maison d’édition, Michel Lafon pour l’une, Albin Michel pour l’autre, ces deux jeunes femmes exquises, nature, sans prétentions se racontent, alors que « La Cerise sur le gâteau », d’Aurélie, et « Qui ne se plante pas ne pousse jamais », de Sophie, leurs nouveaux livres, vont sans aucun doute se vendre comme des petits pains. Plutôt comme des baguettes tradition bien croustillantes…

ELLE. Comment êtes-vous devenues romancières ?

Aurélie Valognes. J’étais directrice marketing dans une boîte américaine et j’ai fait un baby-blues après la naissance de mon premier enfant. Au même moment, ma cousine, qui avait le même âge que moi et dont j’étais très proche, est morte d’un cancer. J’ai alors pris conscience que tout pouvait vraiment s’arrêter demain, et que je passais à côté de ma vie. Dans la foulée, mon mari a été muté à Milan et, lors de mon inscription à la bibliothèque de l’Institut français, lorsqu’on m’a demandé ma profession, j’ai répondu sans réfléchir : écrivain. C’était un énorme mensonge, mais c’est ce que je ressentais au fond de moi. Je me suis dit que je ne pouvais plus reculer et, six mois plus tard, j’avais écrit ma première histoire, « Mémé dans les orties ».

Sophie Tal Men.Moi, j’ai longtemps hésité entre faire des études littéraires ou suivre la voie familiale, médecine. Mais, j’ai écouté mon père qui, à juste titre, m’avait dit que je pourrais envisager l’écriture comme un hobby, ce qui n’est pas du tout le cas de la médecine ! Je suis donc devenue neurologue, un métier passionnant, et, mes enfants grandissant, j’ai eu davantage de temps pour moi. Le soir, j’ai commencé alors à me mettre devant mon ordinateur et je me suis lancée dans l’écriture.

ELLE. Aurélie, pourquoi avoir mis votre premier livre en ligne, plutôt que de le proposer à des maisons d’édition ?

Aurélie Valognes. Je n’en avais pas le courage, car je pressentais les refus. J’avais ce document Word sur mon ordinateur, qui était voué à l’oubli. En quelques clics, j’ai compris comment l’autopublier. L’idée première était simplement de savoir si cela plaisait aux lecteurs. Six semaines plus tard, à ma grande surprise, il était dans le top 20 des meilleures ventes. Puis, dans le top 10 aux côtés de celui d’Amélie Nothomb. Enfin, il est resté numéro 1 pendant quasiment six mois. Pour moi, c’était inimaginable.

ELLE.Vous êtes belles-soeurs, à quel moment avez-vous su que vous partagiez la même passion ?

Sophie Tal Men.On ne s’en était pas vraiment parlé. J’ai découvert qu’Aurélie écrivait, lorsqu’elle a mis en ligne « Mémé dans les orties », son premier ouvrage. Cela m’a poussée à en faire autant.

Aurélie Valognes. Je me souviens être venue la voir, en lui disant qu’il y avait deux écrivaines dans la famille !

ELLE. Quelles étaient vos réticences ?

Sophie Tal Men.Une certaine pudeur. L’idée de livrer mon roman sur Internet et recevoir sans filet des réactions me faisait peur. Mais je n’avais pas le choix, car sur les seize maisons d’édition auxquelles j’avais envoyé mon manuscrit, seules deux m’avaient répondu, me disant que je n’étais pas dans la ligne éditoriale. Sur Internet, lorsqu’on découvre le premier retour d’une personne lambda qui a aimé votre livre, cela marque ! Le premier 5 étoiles donne envie de pleurer ! C’est magique !

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ELLE. Aurélie, vous avez basculé dans une autre dimension, comment l’avez-vous géré ?

Aurélie Valognes. Michel Lafon m’a proposé de m’éditer, mais je n’en ai pas fait ma profession pour autant. J’ai continué de travailler jusqu’à mon quatrième livre. Là, j’ai frôlé le burn-out ! Je suis alors devenue écrivaine à plein temps.

ELLE. Et vous Sophie ?

Sophie Tal Men.Pour l’instant, mon travail de médecin nourrit mon imaginaire. Je crois que c’est ce qui fait aussi mon originalité et qui me donne un regard particulier sur le monde qui m’entoure. Mon métier me fait rencontrer énormément de gens, et le fait d’entrer dans leur intimité m’apprend énormément sur la nature humaine.

ELLE. D’où vient votre inspiration ?

Aurélie Valognes. Je lis les journaux tous les jours, et j’essaie de tisser des histoires qui aient un lien avec l’évolution de la société. Dans mon nouveau livre, mes personnages se sensibilisent à la protection de l’environnement et sont tentés par le bio. Ce qui a d’ailleurs rejailli sur moi. Après l’avoir écrit, j’étais devenue totalement écolo responsable !

ELLE. Quant à vous Sophie, la Jacqueline de votre roman porte le même prénom que votre grand-mère ?

Sophie Tal Men.C’est un mélange entre ma grand-mère, qui est décédée, et celle de nos maris, une femme pleine de sagesse, qui a 95 ans, et m’a transmis, entre autres, la recette du kalouga, un exquis gâteau au chocolat. Pour créer mes personnages, j’ai besoin de partir de vraies gens. Nos beaux-parents communs ont une grande longère en pierre, aux volets bleus, avec un grand terrain, près du cap Fréhel, dans laquelle nous nous retrouvons tous pendant l’été. Les falaises, les plages sauvages, les marches au bord de l’eau nourrissent mon écriture.

ELLE. Votre recette, c’est d’ajouter de l’extra à l’ordinaire ?

Sophie Tal Men. Oui, c’est vraiment ce que je tente de faire. J’aime l’idée de se poser et de déceler le merveilleux, le petit moment de bonheur autour de soi. Au lieu de vouloir vivre à mille à l’heure.

Aurélie Valognes. Moi, j’aime que mes histoires puissent se passer dans l’immeuble à côté. Et que chaque lecteur puisse s’y retrouver. Je continue à être touchée par leurs retours. Beaucoup se retrouvent dans les émotions que suscitent mes récits. J’essaie d’être au plus près de la vraie vie mais en mieux !

« La Cerise sur le gâteau », d’Aurélie Valognes (Mazarine) dont le 1er chapitre est à lire en exclu ici

« Qui ne se plante pas ne pousse jamais », de Sophie Tal Men (Albin Michel)

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